Aurore

Une jeune fille au coeur de la guerre d'Espagne
Année Réalisation : 2007
Auteurs : Christian Caroz
Réalisateurs : Christian Caroz
Récompenses : sélectionn Festival Cinespana à Toulouse 2007, Festival Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-América

Durée : 80 mn

1ère Diffusion 00-00-0000

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Synopsis

Aurore est morte sans avoir rienraconté de son histoire, à part qu’en 1939 en Espagne à la fin de la guerrecivile, elle avait 16 ans et qu’elle a pris le dernier bateau pour l’exil.

À Martigues,Raoul, son mari, militant communiste, est inconsolable. Manu, son petit-fils, àqui elle a écrit avant de mourir, veut en savoir plus.

Ils décident departir ensemble en Espagne à la recherche de cette histoire qui mêle les dramesfamiliaux et la victoire des franquistes à l’issue de la guerre.

Ils rencontrent des témoins de l’enfance bourgeoise d’Aurore. Ils recueillent les souvenirs laissés par son père, fondateur de la psychiatrie espagnole, député socialiste mort prématurément, et ceux de son beau-père, Gouverneur de Madrid pendant la guerre.

Ils apprennent comment ce beau-père, socialiste convaincu, qu’elle a tellement aimé, a été exécuté en 1942 par les franquistes.

Ils s’étonnent des réactions des propriétaires actuels du domaine familial et des hésitations gênées des militants socialistes d’aujourd’hui,

Raoul et Manu essaient de remplir des silences, d’élucider des tabous, de renouer des liens.

Et c’est ainsi qu’ils peuvent revenir à Martigues et transmettre le message d’Aurore, un message d’idéal communiste : No pasaran, ... l’homme est le frère de l’homme.

note de production

Je retrouve dans ce projet dessituations et des réflexions présentes dans d’autres films que nous avonschoisis et produits à Airelles Vidéo :

- Le passage de la frontièrecomme élément déstabilisant et parfois constructif de la vie des Européens.

- L’histoire de l’engagementcontre le fascisme en Europe au XXe siècle.

- Le désir de transmettre etaussi de questionner les convictions des anciens.

- La volonté de se souvenir desluttes et des résistances pour réagir aujourd’hui aux formes modernes dufascisme.

De plus ici, l’originalité durécit retient l’attention : cette histoire touffue, mythique, d’unefamille déchirée qui brasse les classes sociales, les passions filiales, lalutte armée, les tabous et qui se raconte tout de même, car ceux qui viennentaprès le veulent, en ont besoin pour vivre aujourd’hui.

Eté 1939, sousle coup de l’épopée, puis de la défaite de la République Espagnole, Raoul,alors âgé de 16 ans, adhère au parti communiste.

Quatre ans plustard, engagé comme marin dans les forces françaises libres, il rencontre à Oranune famille de républicains espagnols réfugiée en Algérie et tombe amoureuxd’Aurore, la fille aînée de la famille.

Juillet 2001,Aurore meurt. Raoul se retrouve seul avec ses souvenirs de bonheur perdu, lanostalgie de ses enthousiasmes passés de militance et le constat lucide de sesdésillusions idéologiques.

Accompagné deManu, son petit-fils, ingénieur de 22 ans, il décide alors de retourner auxorigines fondatrices de son existence depuis 60 ans : le mythe de laguerre d’Espagne et l’amour pour Aurore, la séduisante républicaine.

L’enfance etl’adolescence d’Aurore incarnent les rêves de jeunesse de Raoul. Elle a vécu del’intérieur l’espoir des républicains espagnols. Son père, José Sanchís Banús,député, haut dirigeant et étoile montante du parti socialiste est mortprématurément en 1932.

Elle s’estensuite trouvée immergée au cœur de la guerre civile. Miguel Villalta, son beau père, également député socialiste,était gouverneur civil de Madrid en 1937.

Contrainte àl’exil à l’âge de 16 ans, Aurore a alors quitté Alicante, ultime poche derésistance républicaine, au dernier jour de la guerre civile à bord du dernierbateau et sous les bombardements franquistes. Séparée de Miguel, resté àAlicante pour tenter de négocier une trêve, elle apprendra, impuissante, sonarrestation puis son exécution par les franquistes en 1942.

Raoul connaîtles grandes lignes de cette histoire dramatique, mais Aurore n’est jamaisretournée sur les lieux où elle l’a vécue. En décidant aujourd’hui de s’yrendre pour la première fois, Raoul espère y retrouver, étroitement mêlés,souvenirs d’Aurore et élans de jeunesse.

C’est dans cetétat d’esprit qu’il interroge à la fois le passé, sa propre vie, mais aussi leprésent. Ses réactions sont stimulées par la présence à ses côtés de Manu, quiincarne aujourd’hui ce qu’il était à l’époque.

Manu, de soncôté, a entretenu une relation très forte avec sa grand-mère. Il a apprisl’espagnol et est en quête de ses propres racines. Il s’interroge sur lesévénements qui ont marqué la jeunesse de sa grand-mère et en quoi ils ont pu lafaçonner pour la vie. Héritier des traditions idéologiques familiales, il lesperçoit dans le contexte d’aujourd’hui, marqué par de nouveaux enjeuxpolitiques.

En conduisant Raoul et Manu sur les traces de la jeunesse d’Aurore, je veux les confronter àla recherche de ce qui donne sens à une vie. Les rêves de jeunesse, les émotions collectives, la passion amoureuse, la solidarité humaine… Je veux que s’expriment à la fois la connivence d’un grand-père avec sonpetit-fils et la diversité des points de vue entre générations.

Ce voyage les plonge au cœur d’un histoire passée, dont le présent garde encore les stigmates, et leur permet de rencontrer des hommes et des femmes confrontés aujourd’hui à l’héritage d’une époque dont ils commencent à peine à parler : Vicente, maire socialiste d’Ibi, célèbre l’engagement héroïque de Miguel Villalta ; Alicia, propriétaire actuelle de la maison familiale de l’enfance d’Aurore, évite de parler des conditions douteuses d’acquisition decette maison peu après la victoire franquiste ; deux amies d’enfances issues d’une famille catholique, les Pilar, se souviennent des tensions politico-religieuses lors de l’enterrement du père d’Aurore et du climat passionnel régnant durant la guerre civile ; Juan et Francisco, deuxhistoriens de gauche engagés dans des travaux de mémoire sur cette époque, font revivre les conditions dramatiques des derniers moments de la guerre à Alicante ; Elisa, la nièce de Miguel Villalta retrouvée à l’occasion de ce voyage, apporte la dimension humaine, personnelle et familiale à ces événements ; enfin, les militants socialistes de Monóvar témoignent de la difficulté de prendre en compte cette époque dans leur militantisme d’aujourd’hui.

Raoul confronte ces témoignages aux récits d’Aurore, retrouvés dans les lettres qu’elle lui adressa dans les années 40, avant leur mariage. La dimension humaine d’Aurore,son attachement aux valeurs sociales héritées de son père, sa volonté d’engagement auprès des plus pauvres, sa fidélité aux idéaux de la République espagnole ou son désir d’éduquer ses enfants pour en faire des « hommes bons », affirmés tout au long de ces lettres, réveillent en Raoul l’émotion de leur vie commune et de leurs engagements partagés.

Manu, de son côté, peut faire le lien entre la grand-mère attentionnée et motivante qu’il a connue et la jeune fille fragile, marquée pour la vie par une histoire dramatique à l’origine de convictions affirmées et d’une volonté sans faille qu’il vient de découvrir.

Au retour deleur voyage, Raoul et Manu éprouvent le besoin de partager ce qu’ils ont découvert.

Auprès des filsd’Aurore, d’abord. Raoul et Manu veulent qu’ils découvrent à leur tour lapersonnalité d’Aurore dans sa jeunesse et qu’ils échangent sur la fidélitéqu’elle a manifesté jusqu’au bout, dans le concret de sa vie quotidienne, aux valeurs qui l’ont motivée toute sa vie. Et en quoi les enfants de Mai 68 et ceux de l’altermondialisme peuvent être les héritiers de ceux de la Guerre d’Espagne.

Auprès des militants de l’association Ensemble Citoyens, ensuite. Aurore a participé,jusqu’à la fin, aux activités de cette association qui combat les idées d’extrême droite. Elle y avait témoigné de son expérience du franquisme. Raoul et Manu veulent prolonger ce témoignage en interpellant l’association sur lafinalité de ce travail de mémoire. Comment une réflexion sur le passé et une redécouverte de ses propres racines, peuvent déboucher non sur une repli identitaire mais sur un universalisme porteur de sens pour l’avenir.

Ainsi, le regardque porte Raoul sur sa propre vie n’est ni nostalgique, ni désabusé, mais appelen direction des générations futures pour qu’elles prolongent, dans un contexte différent et sous des formes renouvelées, des motivations humaines fondamentales.

D’une génération à l’autre – parents, enfants, petits-enfants – , d’un pays à l’autre – Espagne,Algérie, France - , d’un combat à l’autre – Guerre d’Espagne, Mai 68,altermondialisme - , ce film ambitionne de poser la question de la transmission au cours du temps et de l’espace de valeurs humaines permanentes mais constamment ré-interrogées et ré-interprétées.

Générique

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Hélène Lioult

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